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[Essai] Aides au transfert au domicile

Un des moments délicats de son quotidien au fauteuil, c’est le transfert. On a toujours peur de chuter. Cependant, ce n’est pas une fatalité. Fort heureusement il existe aides techniques nous facilitant la vie.
Voici quelques exemples.

Disque de transfert
C’est un outil simple, très facilement transportable et relativement abordable (<50€). On prend appui sur l’aidant, on se lève et il suffit de faire une rotation et de se rasseoir. J’en ai laissé un chez mon kinésithérapeute et c’est bien pratique.

Verticalisateur manuel
C’est le même principe, simplement on prend appui sur le verticalisateur lui-même. C’est donc beaucoup plus facile pour l’aidant. Personnellement, je préfère ce modèle à double guidon car j’ai des problèmes de préhension.
Comptez environ 250 €.

Verticalisateur électrique
Beaucoup plus cher le modèle électrique. Cependant il est disponible à la location. Il peut être très utile pour les personnes ayant des difficultés à se mettre debout.

Lève-malade
Enfin, pour les personnes ne pouvant pas du tout se lever, il existe des lève-malades électriques disponible à la location avec un système de harnais permettant malgré tou les transferts. Cependant l’usage est relativement technique et nécessite un opérateur formé. Je n’apprécie guère cet appareil car il me donne le mal de mer.

De la difficulté du retour à domicile – 2è partie

Problèmes domestiques
Une fois passées l’euphorie et l’excitation, on est vite rattrapé par le très terre à terre quotidien. Sans transition aucune, on est livré à soi même sans la « sonnette magique » appelant le personnel soignant. Il faut se réapproprier voire découvrir son environnement et ce n’est pas évident.
Un fauteuil roulant laissera inévitablement des traces aux portes et aux murs.
Le rythme de vie changent. On doit planifier le lever et le coucher avec son entourage ou son auxiliaire de vie. Prendre un repas est physiquement éprouvant. Bref, il faut se trouver de nouvelles marques et accepter toute l’aide qui se présente sans tomber dans la facilité et la frustration.
Cependant, les proches doivent aussi faire preuve d’empathie et prendre conscience de tous les effort que l’on déploie.

Insertion dans la vie extérieure
Une fois franchie la porte du foyer, il faut se frotter au monde extérieur ce qui peut en effrayer plus d’un. Rien ne nous est dû. Mais on a des droits qui nous facilitent la vie même s’il faut diplomatiquement les faire valoir. Au final, mis à part des cas désespérés et désespérants , les gens font plutôt preuve de bienveillance et il ne faut ne pas hésiter à crier à l’aide si nécessaire.
Un conseil si vous prenez les transports en commun, vérifiez au préalable l’accessibilité (ascenseurs, trottoirs, rampes dans les bus etc. …). J’ai vécu une mésaventure à La Défense car je ne trouvais d’ascenseur à 20 heures. Un grand moment de solitude.

Continuité des soins
Le retour à domicile induit beaucoup de changements dans la prise en charge médicale. Mon maître-mot est anticipation. Avant même d’évoquer une date de sortie, je me suis attelé à mettre en place toutes les aides logistiques nécessaires telles la kinésithérapie et l’aide à domicile. En effet, il n’est pas évident d’en trouver rapidement. Il ne faut pas oublier les aides techniques non plus comme la pince pour ramasser les objets tombés à terre ou les couverts adaptés et j’en passe des meilleures.
Le retour à domicile demande aussi plus d’implication personnelle et une certaine rigueur pour éviter de sombrer dans la faciliter ou à contrario le découragement.
Enfin, prenez grand soin de vos aidants professionnels ou non car sans eux la vie devient vite compliquée. Ne transformez pas si possible votre conjoint.e en garde-malade. Faites appel à des professionnels.

Moral
Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire mais garder le moral. Cela vaut vraiment le coup de retrouver ne serait-ce qu’une once d’autonomie surtout après une longue hospitalisation comme moi (près de quarante mois). J’ai appris à profiter des petites choses de la vie comme un café en terrasse avec de vieux amis ou le simple sourire de nièce d’un an.
Le plus important est de vivre pleinement l’instant présent. CARPE DIEM.

A bon entendeur …

De la difficulté du retour à domicile – 1ère partie

Mille-cent-soixante-dix jours que j’attendais, voire redoutais inconsciemment, ce moment-là. Je m’attendais à une longue épreuve lorsque je fus transféré au centre de rééducation suite à mon double AVC, bilatéral qui plus est, mais de là à battre le record du séjour le plus long ….

Ma sortie, j’ai commencé à l’envisager concrètement au début de l’année lorsque l’opportunité d’un achat immobilier à adapter s’est présentée. Ayant eu vent des difficultés rencontrées par d’anciens patients, j’ai alors entamé un travail psychologique préparatoire à l’aide de ma neuropsychologue pour que mon « exfiltration » se fasse dans les meilleures conditions possibles.

Mes plus grandes craintes étaient les moments d’adieux. J’ai fini par m’attacher à beaucoup de personnes qui sont devenues des amis. Comment rompre le cordon ombilical sans causer de la peine et de la douleur, l’ayant personnellement vécu comme celui qui est resté ?

D’autres questions existentielles se sont alors posées. Comment vont se passer mes différentes prises en charge (médicale, paramédicale etc. …) ?
Comment redémarrer ma vie de couple avec un compagnon fidèle qui ne m’a jamais abandonné ? Comment vais-je m’insérer dans une société qui ne fait peu ou prou de place au handicap ? Autant de questionnements qui se sont alors bousculés dans ma tête.

Huit mois ont passé et je pensais être prêt pour le grand saut ! Ça m’a pris une quinzaine pour annoncer mon départ à tout le monde le plus sereinement possible. Et vous savez quoi ? Malgré le sentiment de liberté que j’ai éprouvé à ce moment précis, ce fut un déchirement car je n’arrivais à me séparer de mes amis et des gens qui se sont dévouées à ma petite personne. Heureusement que l’horaire de mon transporteur m’était imposé

À suivre …